La prophétie du progrès

LA PROPHÉTIE DU PROGRÈS

« Considérez votre origine : vous n’avez pas été faits pour vivre comme des bêtes, mais pour suivre la vertu et la connaissance. »

Dante, La Divine Comédie

POUR UNE PSYCHANALYSE DU XXIEME SIÈCLE

“L’œil qui pleure trop finit par s’aveugler.”

Victor Hugo, Contemplations

La psychanalyse aura été le lieu de la découverte de la psychologie inconsciente, de la psychologie des profondeurs, pour laquelle Freud essaya d’établir les liens, les passerelles d’avec la pensée consciente tout en octroyant au lecteur les moyens d’une introspection, d’une auto-analyse en vue d’une meilleure compréhension de soi.

Cette analyse, en dernière instance, nous permet de percevoir les lois qui dominent la construction de la pensée consciente à partir du monde inconscient, de telle sorte qu’un signe insignifiant en apparence du rêve, peut être le point d’entrée d’un souvenir récent en lien avec des souvenirs plus anciens ; ou encore que le rêve détient un code verbal prodigue en informations au sujet des éléments de la pensée inconsciente présentes sous forme de condensation au sein d’une image à dimension symbolique, ce que la forme visuelle du rêve ne nous donne pas l’occasion de prendre en compte, ce qu’elle vient recouvrir tandis que nous restons fascinés par le rendu fantastique du rêve.

De la même manière, il nous est possible d’identifier certains mécanismes de la pensée inconsciente à l’œuvre à l’occasion de la construction de la pensée d’éveil, de telle sorte que les syllabes et les lettres employées nous donnent des informations sur les motions inconscientes à l’œuvre, en tension en-deçà de la pensée consciente. Cela nous enseigne que certaines lois viennent construire ce que nous percevons consciemment, et une fois identifiées, elles deviennent une mine d’informations sur notre pensée globale, ce qui nous donne une meilleure connaissance de nous-mêmes. Nous pourrions également, comme certains exemples nous les laissent croire, en obtenir une meilleure influence sur la pensée des autres, de façon positive.

Puisqu’il est ici question de notre humanité, prenons quelques exemples choisis parmi les classiques de la littérature, car il s’agit du lieu de notre expérience commune :

À certaines occasions, il sera question d’établir la compréhension possible de faits qui choquent notre morale. Ainsi, dans Nabokov de Lolita, il est nécessaire de revenir sur une scène de l’enfance du personnage principal, alors qu’ayant un moment de tendresse avec une jeune fille de son âge, il y eut fixation de sa sensibilité sur un objet extérieur de son âge, de telle manière qu’il rechercha ultérieurement, par mécanisme de répétition, à revivre cette expérience avec une fille, l’âge de celle-ci n’ayant pas changé, au contraire du sien, puisqu’il était devenu adulte.

À l’occasion d’un autre exemple, nous nous retrouvons avec la problématique d’une motion saine composée par certaines composantes du charactère d’un personnage, parmi lesquelles se trouve une note péjorative de son tempérament, ainsi dans Les Misérables de Victor Hugo le narcissisme de Marius le pousse à rechercher, à l’occasion de l’avènement des principes républicains, à obtenir la Légion d’Honneur dans le cadre de la réalisation d’un idéal de Soi, alors qu’il rêve en secret d’épouser Cosette, cherchant par ce moyen à briller à ses yeux, puisqu’il se trouve que Cosette, la fille de Fantine, avait été récupérée par Jean Valjean alors qu’il visitait l’auberge des Thénardier, auprès desquels elle avait été déplacée. De cette manière, le narcissisme était devenu quelque chose de positif, alors qu’à lui seul il était une composante régressive, il impulsait une motion saine.

Une troisième série d’exemples se trouve dans Les Frères Karamazov, préfacé par Sigmund Freud, qui trouva dans la personnalité de l’auteur, en lien avec son roman, des éléments susceptibles de nourrir ou d’être expliqués par la théorie psychanalytique. En effet, cet ouvrage de Fédor Dostoïevski dépeint un certain nombre de situations dans lesquelles sont réalisées des formes d’antagonisme entre les personnages. Prenons trois motions antagonistes qui mobilisent les personnages (ci-après, dans quelques lignes sera listée la suite de thèmes psychanalytiques mobilisés) :

Nous trouvons en premier lieu l’assassinat commis par Dimitri Karamazov contre Fédor Karamazov, un parricide, à l’occasion duquel il dut s’expliquer, déclamant alors : “Je le jure, homme de Dieu, je les parcourrai, les trilliards de trilliards de kilomètres, pour atteindre le Paradis !”, cela au tribunal, le crime ayant été commis au mobile d’une relation sentimentale n’ayant pu avoir lieu en raison de finances trop faibles ainsi qu’en raison d’une morale religieuse étant devenue chancelante tout en étant l’objet de vives discussions entre les trois frères.

Ayant une place presque aussi importante dans le roman, le cas d’un enfant dont la famille subissait certaines humiliations de la part d’autres habitants du village, le plaça en telle situation d’hostilité vis-à-vis de ses camarades de classe qu’il en vint à leur lancer des poignées de gravats, cet ostracisme se plaçant main dans la main avec la misère qui les accablait, jusqu’à ce qu’un observateur vint haranguer les élèves à une empathie et à une compréhension universelle des autres, jusqu’à cet enfant qui en était venu à des actes de violences contre eux et par lesquels il se trouvait persécuté d’une autre façon. Ainsi un autre aspect de la psychanalyse est rendu intelligible.

Un troisième exemple illustratif est constitué par la situation d’une jeune femme que courtise un des enfants Karamazov, laquelle lui demandera de remettre de sa part une lettre à son autre frère, lequel, tourmenté par des question religieuses, ne fera que projeter une possible relation, ne considérant la lettre que d’une façon dédaigneuse ; cette jeune femme se trouvera dans la situation où cette motion sadique laissera place à une motion masochiste, tandis qu’elle mobilisera cette tension intérieure contre elle-même en se meurtrissant la main contre la porte d’un meuble qu’elle fermera violemment afin de se marquer d’une empreinte et d’en ressentir la douleur.

Ces exemples mettent en pleine lumière des situations que la psychanalyse vient éclairer, et qui nous renseignent sur nos propres mécanismes psychiques. Ce sont la contrainte, la morale, l’intégration, le sadisme et le masochisme, ou encore la constitution d’un couple, ou, selon la hauteur de vue choisie, la pulsion de vie, la pulsion de mort. Ainsi que la sublimation, la fierté de soi, liste à laquelle d’autre scènes du roman ajouteraient le rêve, sous la forme de l’hallucination, la compensation, ces notions se conjuguant systématiquement au singulier ou au pluriel, pour l’individu, pour le groupe, pour la société toute entière.

Ces exemples de la littérature nous enseignent que la psychanalyse, une fois mise en demeure d’explication, apporte une lumière nouvelle à toutes ces scènes qui nous illuminent par leur dimension universelle.

Nous rechercherons dans ce livre à étayer certains aspects de l’exploration des lois de l’inconscient, tandis que certains mécanismes nouveaux, tels qu’ils n’ont pas encore été décrits, seront proposés, après avoir été définis.

Le rêve à six scènes de l’apparition des lettres ou le passage du sens au signe

Pour introduire ce rêve, nous pouvons mentionner une autre scène de la littérature, qui se trouve dans le roman Splendeur et Misère des Courtisanes, de Honoré de Balzac. Il s’agit d’une scène dans laquelle Vautrin, un escroc, arrêté et interrogé par un juge d’instruction, ment sur sa véritable identité. Le juge, convaincu de sa véritable émotion, laquelle est rendue invisible par la manière dont Vautrin, grimaçant, singe le sentiment d’affliction, croit voir en sa personne un ancien forçat, raison pour laquelle il lui demanda de lui présenter son épaule gauche au niveau de l’omoplate, où se trouve, lorsque c’est le cas, la marque des anciens détenus, que leur impose de porter l’administration pénitentiaire. Cette marque avait été dissimulée derrière une cicatrice infligée par le grand bandit à lui-même aux fins de cacher sa véritable identité. Elle ne pouvait réapparaître, cette marque, seule la cicatrice apparaissait plus visible alors que le juge d’instruction donnait des coups sur ce morceau de peau avec une tige. Cela étant, il ne pouvait connaître la véritable identité de l’individu avec certitude. Cela le fit relâcher le coupable, n’ayant pu s’assurer de sa vraie histoire.

C’est ce qui se passe avec les rêves. En-deçà de la dimension visuelle du rêve, se trouve une lettre dissimulée. Cette lettre, nous pouvons la détacher de la scène du rêve par l’emploi de la méthode anagogique d’interprétation du rêve, que nous allons restituer ici, tout en reconstituant la trame du rêve où ce phénomène s’est manifesté. Ainsi, il est possible de définir l’interprétation du rêve selon cette méthode par la continuité de la méthode réductiviste proposée par Freud, il s’agit de mobiliser les restes mnésiques ou les souvenirs plus anciens qui peuvent être les éléments faisant l’objet d’une condensation dans la construction symbolique du rêve, par la voie de l’association libre, afin de poursuivre l’établissement des éléments de la pensée inconsciente dont nous soupçonnons qu’ils auront été déterminants dans la mise en structure de la pensée du rêve manifeste, pour ensuite monter par catégorie, du plus bas, que recommande Freud, que ce soient les fantasmes de la première enfance, ou les rêves éveillés de la veille du rêve, à différents horizons de temps, que ce soit la période de la première jeunesse, les résidus diurnes, ou une période intermédiaire. Ensuite, ayant mené à bien cette réduction du symbole onirique à ses matériaux constitutifs mnésiques, il nous restera à réitérer cette opération, pour la dimension anagogique, en mobilisant les éléments les plus hauts, les plus élevés, tels que des constellations, des mythes, des éléments de la représentation religieuse ou culturelle la plus haute, et montant en élévation atteindre une anagogie.

Cet exercice ayant été réalisé quotidiennement pendant une à deux semaines, j’eus finalement un rêve dans lequel un signe faisait l’objet d’une difficile réduction, laquelle ne permettait pas d’arriver à bout de l’interprétation au même titre que les autres scènes de ce rêve, ou que les autres éléments de cette dernière scène.

Les six scènes du rêve se présentent de la façon suivante : 1°) dans cette première scène, je tiens ma propre tête dans mes mains, me voyant à l’extérieur de moi-même, 2°) une femme est assise dans un fauteuil, elle a une blessure à la jambe gauche, un moignon ou une cicatrice est apparente au niveau de la cuisse, 3°) une maison japonaise ou au Japon a une caméra de surveillance, 4°) une scène de théâtre présente une barrière ou une cloison, 5°) une salle de présentation au sein d’un lycée avec un bol, 6°) une plage sur laquelle est présent un oiseau mythologique, à la droite duquel est posé sur le sable, vers la mer, dans laquelle se trouve un rocher trop étroit pour être une île, ce symbole du rêve dont la réduction ne parvient pas à donner le sens entier. Ces scènes du rêve, pour le rêveur, détiennent une signification accessible : 1°) il s’agit du martyr lié aux perversions venant décourager de telles situations, 2°) la même signification appliquée à la prostitution, ces deux scènes étant liées l’une à l’autre par l’ordre des scènes du rêve ainsi que par leur tonalité, ces deux images étant plus ternes que les autres et étant ainsi assimilables entre elles que ce soit sur le plan logique comme esthétiquement, 3°) une possible surveillance liée au Japon, ce qui symbolise également l’avancée des technologies en général, 4°) un possible lien entre l’Etat, sous la forme de la police, et la représentation spectaculaire, 5°) un lien entre une dimension alimentaire et les études, 6°) cette sixième et dernière scène donne lieu à davantage de difficultés quant à son interprétation par la méthode de la réduction.

Continuons donc l’analyse de cette dernière scène : l’interprétation par la méthode de la réduction ne parvient donc pas à expliquer la forme qui se trouve allongée sur le sable, comme un métal fin, comme de l’or, ou un métal de cette couleur, qui semble en dissonance avec l’image dans sa totalité, en raison de sa texture, comme rentrant ou ressortant de l’image. Certaines association permettent la réminiscence de souvenirs de diapason ou de tremplin ainsi que d’une lettre, assez rapidement, lue dans un texte sur les alphabets anciens. Plus les essais d’expliquer ce signe par des restes mnésiques, par des souvenirs, se montrent incapables d’expliquer l’intégralité du sens de cette forme, plus l’idée de la lettre revient à l’esprit. C’est après avoir acquis la certitude qu’il s’agissait bien d’une lettre, ou du principe des lettres, d’un signe également que ma pratique quotidienne de l’analyse des rêves m’avait permis de franchir un seuil, une étape, un degré d’accomplissement dans cette pratique, l’interprétation par le moyen de la méthode anagogique pouvant exacerber l’intensité ressentie à la remémorisation ou à la réinvocation d’un rêve, ainsi, j’acquis la certitude que cette suite de rêves avec un sens particulier que venait exprimer cette dernière scène, et ce signe en particulier.

À la suite de cela, l’ensemble du rêve me parut revêtir une nouvelle luminosité, une numinosité, c’est-à-dire une lumière empreinte de religiosité, et l’ensemble des scènes fut recouverte d’une couche, d’une pellicule religieuse, ou numineuse, et elle furent teintées de cette manière. Continuant encore le travail d’interprétation par la réduction de ces cinq première scènes, allant jusqu’au stade de l’anagogie, se détachèrent alors des formes de chacune de ces scènes, une par scène, un signe pour chaque scène. J’obtins ainsi des lettres par la méthode de l’anagogie, celles-ci se trouvaient comme structurant chaque image, comme au fondement de la structure de la peinture de la scène. Ces lettres sont des idéogrammes, c’est-à-dire que chaque lettre correspond à un sens. Le sens, c’est celui, pour chaque scène, qui a déjà été identifié et retranscrit ici. Ce signe contenait donc la concentration d’un sens historique, par la répétition de scènes vécues, nombreuses ou associées à des affects puissants, restituant ce qu’il y avait de commun ou de complémentaire dans ces scènes vécues.

Ce symbole, par des lectures sur l’alchimie, ou des association personnelles, je l’associais finalement à un outil permettant d’observer les éléments chimiques dans l’infiniment petit des formes présentes dans “l’Au-delà de la biologie”, permettant d’élargir une forme afin d’en voir l’intériorité, comme une sorte d’outil ressemblant à un diapason et s’élargissant sur le côté droit. Mon imagination me fit penser à l’importance des vibrations pour les formes de l’infiniment petit, pour leur maintient ou leur évolution.

À la suite de cela, je réalisai cet exercice à plusieurs reprises et j’obtins un certains nombre de lettres, de cette façon. Cela au point de pouvoir constituer des phrases, ne nécessitant pour cela quelque fois qu’une seule suite de lettres à partir d’un rêve comportant plusieurs scènes, même la ponctuation pouvant trouver un élément qui devenait significatif, ne se contentant plus d’ordonner la phrase.

Nous obtenons ici l’idée que se trouve un élément structurant chaque scène de chaque rêve, un pilier sur lequel repose toute image onirique, qu’il est possible de déceler en utilisant la méthode de l’anagogie. Ainsi, chaque scène, dans une production onirique, repose sur un signe comportant une signification, construit de façon ad hoc ou mobilisé à cette occasion.

Reste à préciser que la construction onirique repose sur l’utilisation de ces signes pour chaque élément d’un rêve, pour chaque objet ou pour la première partie de la pensée du rêve, que se construit sous forme verbale, en utilisant des signes, que constituent notamment les lettres. Nous en trouvons un exemple dans l’identification d’un élément du rêve permettant de désigner un objet traduisant un mécanisme du psychisme, assignant à un tel élément une marque précisant l’attribution que nous pouvons faire du sujet pour lequel ce mécanisme du psychisme trouve une voie, une entrée au sein du rêve manifeste, c’est-à-dire, pour ce qui est du phénomène fonctionnel, que nous allons utiliser à cette fin, indiquant au rêveur sa propre identité.

Le rêve à trois scènes de l’identifiant personnel ou le passage des lettres au sens

Les trois rêves de l’identifiant personnel désignant le signe du rêve présentant un caractère fonctionnel au sens de Silberer, c’est-à-dire qu’un élément du rêve représente, non pas une idée prenant pour objet une scène de la vie quotidienne, mais le fonctionnement de l’intériorité de l’individu, de l’intériorité du psychisme, de son fonctionnement... apportent ceci de nouveau qu’à la dimension significative désignée par Silberer est associé un marqueur caractéristique d’un tel élément du rêve. Ce marqueur est sous forme verbale. Il s’agit ici de prendre en compte le fait que le rêve sous sa forme visuelle détient un verbe celé.

Tout d’abord, prenons en compte le fait que le verbe du rêve respecte, comme à l’état de veille, le passage de la pensée inconsciente vers la pensée consciente en-deçà de la censure morale, au niveau de la construction de la langue structurée, ordonnée, ce qui autorise l’analyse du verbe employé au niveau des syllabes, y compris inversées, ainsi que des lettres employées ou absentes, et de cette manière d’établir les motions, là encore, dont nous établissons qu’elles sont les plus probables comme ayant été à la source de la pensée consciente, pour lesquelles nous avons les raisons de penser qu’elles ont sous-tendu l’émergence de la pensée consciente du rêve manifeste, permettant ainsi l’identification de motions ayant fait l’objet d’un refoulement mais suffisamment fortes pour être visibles à la surface de la conscience, ayant donné lieu à une sublimation par détournement, par allusion, par condensation, autant de mécanisme de construction de la pensée consciente à partir de la pensée inconsciente, observables sous une forme verbale de jour et visuelle dans sa dimension onirique.

Ainsi, nous observerons tout d’abord le cas de l’identifiant personnel-fonctionnel, avant d’observer le cas d’une sublimation de motions inconscientes nous autorisant à identifier les motions ayant fait l’objet d’un refoulement, cela pour un même rêve. Ce rêve détient trois scènes, en cohérence les unes avec les autres, présentant des éléments communs, constituant un sens global. Définissons d’abord le phénomène fonctionnel dont nous parle Herbert Silberer : dans un article célèbre, il identifia trois catégories d’éléments participant à la construction du rêve : les éléments matériels, les éléments fonctionnels, et les éléments somatiques. L’élément fonctionnel concerne le psychisme dans son fonctionnement, un mécanisme psychologique que le rêve vient illustrer ou mobiliser.

Présentons le rêve, avant de présenter l’identifiant personnel-fonctionnel puis d’établir le sens d’origine que présentait le rêve, la base à partir de laquelle le rêve est venu sourdre dans sa dimension consciente, manifeste, ces motions d’origine n’ayant pas été admises au sein du Moi, chassée par le Surmoi et sa censure morale, cela en cohérence avec le passé, la mémoire historique de l’individu, cette instance de surplomb ayant sédimenté au long de son évolution et du développement de sa personnalité. Il s’agit d’un rêve à trois scènes, telles que voici : a) un escalier mène, à partir de l’extérieur d’un immeuble, à un renfoncement sur la façade, où se trouvent des “shots” d’alcool fort, b) une voiture remonte un escalator, celui-ci mène d’un étage à un autre d’un métropolitain et tandis qu’il arrive à l’extérieur, où se trouve une gare de trains (ce que je sais sans que cela n’apparaisse), la voiture retombe à l’étage du dessous où elle prend feu juste après que j’en sorte, c) dans une salle d’amphithéâtre, un cours à l’université à lieu, une professeure donne le cours en bas de la salle, en descente, alors que deux suites de marches descendent vers le centre de la salle, et une porte se trouve à droite de l’estrade, derrière laquelle je sais que se trouve un escalier qui remonte à l’étage, la salle se trouvant en sous-sol à moitié. La professeure est blonde et semble liée à l’intégration professionnelle, ce qui me fit penser, ces deux éléments étant liés l’un à l’autre, à la dépendance que nous avons vis-à-vis du soleil, qu’une lecture m’a appris à voir de façon plus riche puisque soleil se conjugue, en allemand, au féminin. Un soleil se trouve donc au sous-sol, un feu également à un niveau inférieur, et l’alcool à un niveau supérieur, tandis qu’une gare de trains se trouve à la surface.

Un élément relie ainsi ces trois scènes, l’élément commun est l’escalier, présent dans chacune des trois scènes. Ainsi, nous observons que la première scène semble mener à un niveau supérieur de conscience, plus élevé, celui de la sublimation ou du concept, tandis que la seconde amène à un niveau inférieur à la conscience, ce qui s’expliquer par le fait que des lectures récentes me donnaient l’occasion de restituer souvent des trames de pensée de certains psychanalystes, pour la première scène, tandis qu’un raisonnement me laissant penser que l’utilisation du sentiment de culpabilité, comme centralisant et innervant de nombreux décours psychiques, de nombreux cheminements de l’énergie du psychisme, constituerait une source, qu’il s’agirait d’en faire un mana mobilisable, et la seconde scène retranscrivait certainement cette expérience récente, alors que la troisième et dernière scène correspondait probablement à un essai que je fis, cherchant à me remémorer, à ressentir à nouveau l’énergie, l’intensité onirique que j’obtins lors de suites quotidiennes d’interprétations anagogiques de rêves, amenant ainsi le regard conscient sur des éléments largement inconscient, tout devenant symbole lorsque cet essai fut réalisé à l’état de veille, de façon significative, évoquant des éléments de l’inconscient, sous une forme allégorique, ainsi cette troisième scène présentait un lieu représentant l’inconscient où se trouvait néanmoins la conscience par la présence et l’observation de la scène et y compris une certaine forme de Surmoi ou de pouvoir de censure présidant la scène.

En reprenant le raisonnement sur le code, sur la source du rêve sous forme verbale, nous pouvons prendre l’exemple et le cas présent pour en tirer un certain nombre d’enseignements ainsi qu’une illustration. À partir de ce terme, “escalier”, dont nous pouvons dire qu’il constitue un élément correspondant au phénomène fonctionnel, ce que notre appréciation du rêve sous sa forme visuelle nous permet d’affirmer, il nous est aussi possible de voir que ce sens se retrouve sous sa forme verbale, puisque nous obtenons, en décomposant, les lettres “sc” et “ca” qu’il s’agit de “lier”, or le nom d’usage, avant le nom définitif choisi à la majorité, était un nom composé comportant les lettres “ca” pour le premier nom et “sc” pour le second, ajouté à cela que le rêve signifie une étude de la psychanalyse, mobilisant la conscience à différentes hauteurs du psychisme, sachant que les lettres “es” sont la particule reliant le niveau d’un diplôme à la discipline faisant l’objet d’une validation académique : les rêves pouvant se lire également en partant de la droite, il s’agit donc de faire état d’une avancée dans une connaissance avec une vocation académique.

À cela s’ajoute que les rêves, comme dit précédemment, respectent les mécanismes de construction de la pensée consciente, à l’exemple, de la même manière qu’à l’état de veille. Ainsi, de la même acception qui nous permet de prendre en compte les syllabes et les lettres, il nous est possibles d’inverser un son ou une suite de lettres, lesquelles auront fait un chemin en commun avec le verbe qui arrivera à se manifester, nous laissant comprendre ce qu’a été ce cheminement, mais se seront arrêté à la frontière de la censure morale, au sein du système préconscient-conscient, encore visible néanmoins à la suite de leur réorganisation, de leur réagencement, cherchant à faire de ces combinaisons autres une forme de sublimation, tandis que le dialogue ou la discussion entre les inconscients prend en compte ces éléments syllabiques ou lettraux sans que le conscient ne le perçoive. Ainsi, le syllabique correspond à des esprits qui n’ont pas droit de cité sous l’autorité du principe de réalité.

Ainsi, nous obtenons les éléments, pour le terme “escalier”, suivants : “rei”, “il(e)”, “lac”, “cs”, nous pouvons ainsi affirmer qu’il y a eu un refoulement d’éléments de religiosité, dans sa dimension constituante, de la même façon que le terme “il(e)” est relié, pour plusieurs occurrences, à des assonances religieuses, la richesse des symboles ne nous autorise par une interprétation trop rapide, et des éléments d’histoire ou de culture, notamment pour le terme “lac”, devraient être mobilisés, dans une conception jungienne de ce qu’est l’inconscient collectif, pour un élément qu’il pourrait qualifier sous la désignation “archétype”, “cs” signifiant habituellement la conscience.

Nous avons ainsi des lettres, au fondement des rêves, qui viennent coder la scène, ce que nous pouvons retrouver par une méthode consistant à prendre en compte la dimension verbale des symboles employés. Reste à prendre en considération, que le rêve, pour chaque scène, produit ou mobilise un élément nouveau, un signe, et il se pourrait qu’à ces signes soient associés des sons, à un niveau inconscient, il se pourrait ainsi que le code des rêves prenne en compte ces signes et que nous ne puissions, en l’étant, avec cette méthode, mobiliser uniquement la transcription des rêves utilisant l’alphabet que nous connaissons et que nous maîtrisons consciemment.

Quant à l’identifiant personnel, en particulier, il est bon de noter que la structure des rêves, leur logique, est quelquefois influencée par des lecture sur ce sujet spécifiquement, de cette façon, après avoir lu un texte de G. H. Schubert sur les Symboles dans le rêve, dans lequel il faisait état que le rêve est quelquefois, ou souvent, ironique, qu’il est à prendre au second degré, comme affirmant le contraire de ce qu’il signifie, par humour, il m’arriva d’avoir précisément un rêve remplissant ce critère, dans lequel une lune était entourée d’un feu d’artifice, correspondant très précisément, parfaitement, à la circonférence, le feu d’artifice signifiant un trop plein, l’aboutissement d’une mauvaise voie arrivée à une démesure, tandis que la lune signifiait quelque chose d’incongru. De cette manière, ayant lu l’article de Herbert Silberer, il serait difficile de dire si cet identifiant, qu’il ne mentionne pas, non plus que le code verbal des rêves, eût apparu, s’il eût été présent sans cela, s’il est présent de façon universelle, sans étude. Quoiqu’il en soit, par la lecture de ce texte, la question se pose désormais autrement, ajouté à cela que sa dimension dissimulée en fait un objet plutôt prédéfini qu’autre chose.

De la même manière, les rêves ont quelquefois un sens qui semble porter sur l’ensemble de la vie de l’individu. Ainsi, ayant eu un rêve dans lequel, procédant à un tournant, un bus me fit avoir un vertige, j’interprétais ce rêve en lien avec le film Vertigo, dans lequel, un accident ayant eu lieu au cours duquel un homme avait fait tomber son épouse du haut d’une tour, il chercha à réitérer la scène, afin de la maîtriser, de s’y placer, de circonvenir l’évènement traumatique, de le revivre pour le comprendre et au bout du compte en faire autre chose, raison pour laquelle il trouva une seconde épouse dont il pensait qu’elle avait des traits de ressemblance avec la première, lui demanda de changer de manière d’être, pour lui ressembler davantage, et l’amena à ce même endroit de l’évènement traumatique, pour la pousser dans le vide, et assassiner cette femme après avoir vécu ce premier accident tragique. Dans un même raisonnement, se plaçant dans une situation où il avait désirer la réalisation de l’évènement, l’impact négatif sur son Moi, la blessure narcissique, la capacité qu’il pouvait avoir de se construire suite à cet accident se trouvait améliorée.

Le chiffre dans le rêve ou le sens comme mécanisme de calcul

Ayant établi que le signe se trouve au fondement des scènes du rêve, nous pouvons ajouter que le chiffre, le calcul, le nombre, la fraction, y jouent également un rôle déterminant. Ainsi, d’une part, que la fraction, à partir d’éléments significatifs et chargés affectivement, que constituent ou viennent synthétiser les lettres, vient hiérarchiser, choisir, une motion, la constituer de différents éléments, par rapport à une autre, ou à d’autres, ce même élément peut, d’autre part, être en résonnance avec le verbe tel que nous pouvons le restituer, porter une signification, et non pas seulement un ressort permettant à la pensée en construction de choisir, il s’agit aussi d’affirmer.

Pour illustrer cela, je restituerais ici un rêve comportant explicitement des composantes numériques. Dans cette scène, qui est la seule qui importe dans le rêve qui ne comportait que deux scènes, la première scène n’étant pas bien remémorée, nous nous trouvons à une table de casino, et je suis incité à jouer à un partie de poker, ayant un tapis à une hauteur de 6500 points, et il s’agit de placer la somme minimale pour jouer le tour qui vient, pour une hauteur de 300 points, qui se trouvent investis dans le tour. Nous obtenons donc un tapis de 21,666... fois la somme minimale, vingt et un étant le jeu du BlackJack.

Cela pouvait correspondre à une différence morphologique au sein de la structure familiale, l’un des deux grands pères se prénommant de la sorte, faisant ressortir le fait qu’il avait les cheveux bruns, tout en ayant épousé une femme blonde, ce qui est une opposition qui se renouvelle sur plusieurs générations au sein de l’environnement.

D’autres calculs donnèrent lieu à d’autres significations, qui pouvaient être liées à cette première interprétation. Le nombre 300, en particulier, pouvait correspondre à une présence de l’armée américaine, par équivalence avec la bataille des Thermopyles au cours de laquelle trois cents spartiates combattirent pour freiner son avancée l’armée de Xerxès, étant sous le commandement de Léonidas Ier. Le parcours aurait donc pu être lié à une intervention favorable américaine. D’autres chiffres, nombres ou calculs, des opérations d’addition, de soustraction, de fractionnement, donnèrent des résultats eux aussi chargés d’une signification. La répétition du chiffre, pour six mille cinq cents ainsi que pour six mille deux cents, une fois retirée la somme de trois cents, obtenant ainsi quatre fois le chiffre “0”, me parut aussi lié à l’Allemagne, pour le film du réalisateur Roberto Rosselini qui s’intitule “Allemagne année 0”.

C’est souvent de façon dissimulée, de façon inconsciente, que se manifestent les éléments de morphologies, et on peut supposer que des nombreux éléments subliminaux, identifiables par les moyens habituellement employés pour sonder l’inconscient, prennent une teinte, une appréciation différente, lorsqu’ils viennent à être entendus dans la conversation commune, en fonction de l’identité, de l’appartenance de chacun, ainsi les éléments de la nature, le soleil, la forêt, la lune, peuvent-ils désigner des caractéristiques, ou leur correspondre, de telle sorte qu’ils soient chargés d’une valeur positive, ou bien qu’on se trouve associés inconsciemment à de tels éléments, pour telle caractéristique que nous partagerions en commun avec ces éléments naturel ou ces objets divers.

Le triangle des trois disciplines que leur objet d’étude mettent en résonance les unes avec les autres

La psychanalyse, comme le recommandait son inventeur, devrait être nourrie de toutes les autres disciplines, quelles qu’elles soient, en ce qu’elle concerne l’étude du psychisme, et donc de toute les formes de pensée, de sublimation, sous leurs formes artistiques, comme sous leurs aspects conceptuels. Viennent en premier lieu le naturalisme ou l’éthologie, c’est-à-dire l’étude comparée du comportement animal et humain, et la spiritualité, la psychanalyse nous permettant d’aller en-deçà, puisqu’alors qu’Emmanuel Kant situe le temps comme étant en dessous de l’espace, Sigmund Freud le placerait plutôt au-dessus de l’espace, sans aller jusqu’à dire qu’il s’agit quelque fois, chez les philosophes les plus renommés, de subjectivité, par facilité du raisonnement ou par admission de certains éléments au sein d’une théorie plus large, Sigmund Freud, avec davantage de méthode et de structure, sur cette question en particulier, considère que le temps est dérivé du système Pc-Cs, tandis que Jung désigne plus largement, plus généralement, le temps comme se situant dans la sphère consciente du psychisme, tandis que l’inconscient serait là aussi en dehors du temps, en-deçà donc du temps, et qu’y-a-t-il comme lieu plus spirituel qu’un lieu en dehors du temps ?

Pour le premier aspect, la première discipline mentionnée, son inventeur, Konrad Lorenz, désigne Sigmund Freud, dans son ouvrage l’Agression, comme étant un penseur de premier ordre, qu’il mentionne à plusieurs reprise au cours de l’ouvrage, aux côtés d’Emmanuel Kant. À cette occasion, il désigne Sigmund Freud comme suivant une méthode “rigoureusement scientifique”, et affirme des de nombreuses conclusions de la psychanalyse, suivant pourtant des vues et des moyens très différents de l’éthologie, viennent en accordance avec les résultats de sa discipline.

Ainsi, voyons un exemple de ce qui pourrait trouver explication et sens, que ce soit pour les éthologues comme pour les psychanalystes. Dans son ouvrage l’Agression, Konrad Lorenz, à partir de son étude d’un certain nombre d’espèces animales, en particulier les oies cendrées, ainsi que certains poissons, puis les rats, décrit un mécanisme de ritualisation phylogénétique. La phylogénétique, c’est le lien entre le psychisme et la morphologie, les réflexes psychomoteurs innés, dans le cadre de l’évolution des espèces. Cette ritualisation se construit à partir de la tension entre d’un côté le sentiment amoureux, et de l’autre le tiers, extérieur au couple, pour les deux premières espèces mentionnées en particulier. Cette tension donne lieu à des rites de sociabilité, des réflexes innés, désamorçant l’instinct d’agression. Ainsi, adaptée à l’espèce humaine, cette ritualisation donne lieu à des rites, à des cérémonies, à une dimension culturelle de nos rapports interpersonnels. De cette façon, certaines tribus d’Indiens d’Amérique pratiquent la coutume du calumet de la paix, pour laquelle Konrad Lorenz cherche à restituer la scène originelle. Prenons tout d’abord le cas des oies cendrées : lorsqu’à proximité de leur lieu de vie, un tiers vient perturber le couple, cela donnera lieu à un déplacement du mâle qui s’envolera vers l’intru pour l’éloigner du lieu, puis il reviendra à sa place originelle, en retournant le cou vers le lieu où se trouvait l’intru, pour vérifier l’évolution de la scène. Ayant une fonction de protection, ce réflexe consistant à retourner le cou se trouvera adapté au sein du couple, et ce geste réitéré rassurera la femelle sur l’investissement et la présence du mâle, ou bien correspondra à un réflexe de sociabilité maintenant la cohésion du couple, à tout le moins. De cette manière, le réflexe, ou le rite, du calumet de la paix, consistait à l’origine entre deux chefs de tribus cherchant à déterminer les frontières d’un territoire, tel que l’imaginait Konrad Lorenz, à calmer leur nervosité, ne voulant pas perdre la face, l’un par rapport à l’autre, ne souhaitant pas prendre la parole en premier, de peur que leur position n’apparaisse comme fragile. À partir de cela, nous pouvons supposer que l’essentiel des manifestations culturelles, des rites de sociabilité, que nous connaissons, procèdent de ce mécanisme de ritualisation, phylogénétique, avec une dimension culturelle pour l’espèce humaine, et parfois purement sociabilisante, sans passer par le détour du symbole, de l’allégorie, de l’allusion ou du détournement des production culturelle. Ainsi, de serrer la main, ou de respecter les rites de telle religion, de manger assis autour d’une table, participent de cette ritualisation phylogénétique. Poussant le raisonnement, nous pourrions considérer que cette ritualisation concerne également le langage, ainsi le vouvoiement, qui existe dans plusieurs langues aux racines différentes, telles que le français ou le russe, pourrait procéder d’un tel mécanisme de ritualisation phylogénétique. Il s’agirait de manifester à l’autre qu’il appartient à un groupe, qu’il n’est pas isolé, répartissant la charge que peut contenir une phrase, dans tous types de discussions, plutôt que de la concentrer sur un individu.

Pour ce qui est de la spiritualité, nous pouvons citer le livre de Wassily Kandinsky, un peintre russe orthodoxe, de la Spiritualité dans l’art et dans la peinture en particulier. Dans cet ouvrage, l’auteur nous enseigne que la répétition d’un mot, à partir d’un certain nombre de fois, perd sa signification et nous permet d’entendre ce mot dans son immatérialité. Alors que Freud nous parlerait des complexes d’idées, de la structuration du langage au niveau du système préconscient-conscient, nous obtenons ici un mécanisme équivalent, que la théorie psychanalytique vient essayer d’expliquer, ce mot, par sa répétition, sortant précisément d’un ensemble structuré de langage pour entrer dans sa dimension première, en-deçà du temps.

Bien entendu, d’autres disciplines peuvent venir en renfort d’un tel écho, telle la physique, qui nous permettrait de donner une définition au temps, en application de la théorie freudienne selon laquelle cette dimension de l’existence serait le produit de notre subjectivité, étant dérivé du système préconsient-consient, ainsi elle pourrait indiquer ce que serait le plus petit évènement, ou plutôt le plus rapide, l’un étant sans doute en lien avec l’autre, qui puisse advenir, puisque le temps, au bout du compte, n’est-il pas une suite de condition de réalisations d’évènements, que notre principe de réalité doit prendre en compte ?

Conclusion

Ainsi, comme par amusement, la pensée vient trouver des éléments significatifs, que représentent les signes, apparaissant à une certaine hauteur de la Psyché humaine. Est-ce que l’image vient précéder, par la représentation de l’objet, le signe qui concentre différentes scènes, de nombreuses situations ? L’image semble bien être construite à partir du signe, à partir de la combinaison des signes, leur donnant plus d’ampleur.

Nous pourrions supposer que précédent le signe se trouve ou bien l’affect, dans la logique du principe de plaisir, prenant en compte qu’il s’agit de lier des énergies libres qu’il s’agit de transformer en énergies quiescentes du psychisme, afin de l’ordonner correctement, prenant en compte le texte de Sigmund Freud “Au-delà du principe de plaisir”, ne s’arrêtant donc pas au simple principe de plaisir, dans le cadre de la construction et de l’ordonnancement du Moi, de la bonne gestion de l’énergie du psychisme dans sa dimension économique, ou bien du sens à l’état pur, avant même sa représentation ou sa manifestation sémiotique.

CRITIQUE DE LA RAISON PURICKSICKSMUX

“L’essence du sentiment religieux échappe à tous les raisonnements.”

Lev Nikolaïevitch Mychkine, l’Idiot, Dostoïevski

Le raisonnement est le suivant : il y a un lieu où la logique n’a plus court, où la Vérité ne peut pas être prise en compte suffisamment par la Raison. C’est le cas du paradoxe du Menteur de Milet : pour éduqués que nous soyons contre les sophismes, ceux-là n’en constituent pas moins la chevrotine où la Vérité devient autre chose que logique, elle devient une compréhension mutuelle, une évidence cachée, la supériorité d’une Vérité sur une autre. Ayant menti une fois, j’en viendrais à énoncer : “j’ai menti deux fois”.

Les incapacités physiques donnent quelquefois lieu à une invention pure : les nombres imaginaires affirment qu’un chiffre mis à un degré 2 de puissance peut être négatif, contre les lois des mathématiques, et une fois ce chiffres inventé, en découlent d’autres mécanismes. Les mathématiques sont utilisées directement pour les lois de la physique, elles viennent résoudre des difficultés, des difficultés de raisonnement, des impossibilité de résoudre des lois physiques et ont donc la qualité d’une nécessité.

Et qu’en est-il des vérités humaines, telles que celle de l’appartenance de Victor Hugo a un set de valeurs ou à un autre ? Chantre du Progrès, Victor Hugo pris position contre la marchandisation des corps humains dans son chef-d’œuvre Les Misérables, l’anthropophagie ayant métaphoriquement pris place dans une Société où les nouvelles techniques devaient amener le progrès humain. S’il dédaigna les voix du cynisme, lesquelles lui eussent apporté des gains considérables, c’était en raison d’une autre sensibilité, de sa foi chrétienne. Et face à une prostituée, sur le seuil de la mort, Jean Valjean déclara : “j’ai face à moi deux martyrs”, alors qu’elle se trouvait sous la croix du Christ. Victor Hugo, aujourd’hui accusé de racisme, dénonça à la fin des Misérables les traites négrières, vers lesquelles se ruait Thénardier, lequel avait reçu une somme importante pour un comportement que l’on croyait méritant, cela par erreur, à l’occasion de la bataille de Waterloo, durant laquelle il chercha à subtiliser les biens des agonisants. Alors que dans ce moment de bravoure il accomplissait un acte vil, il déplaça un homme qui le remercia pour cela et qui en garda une gratitude, jusqu’au point qu’il enseigna cette histoire à son fils, dont je crois qu’il s’agit de Marius, auprès duquel il ira dénoncer ce qu’il croyait être un mauvais comportement de Jean Valjean, par erreur, pour obtenir un bénéfice.

Ayant accumulé une somme si considérable d’humanité dans ce roman, Victor Hugo voit sa vie personnelle aussi mise en accusation : un livre datant de 1997, de Graham Robb, soupçonne Victor Hugo d’avoir eu recours à des relations tarifées, cela régulièrement, au cours de sa vie ! Cela à partir d’initiales contenues dans ses carnets, un siècle plus tard ! Outre qu’un romancier a besoin de se renseigner sur l’objet de ses romans, outre qu’il vivait dans une société où la prostitution était existante puisqu’il la dénonce comme un élément présent, comme un Mal de son siècle, ainsi des faiblesses personnelles ou des contradictions ne l’auraient pas interdit, n’auraient rien ôté à la grandeur de son Œuvre laquelle dénonça si magistralement ce fléau, un monument de deux mille pages ! Outre tout cela, les preuves semblent bien faibles pour étayer l’hypothèse évoquée. À quoi mènerait-elle ? À faire de Victor Hugo un adepte de la prostitution, du Progrès une marche vers la marchandisation des corps. Soit l’inverse exactement de ce que ça aura été. Cela affaiblirait le Progrès, et les causes qu’il porte, par pur confusionnisme, par inversion des rôles et des voix. Pour convainquant qu’il puisse-t-être, les faits réels et objectifs existant, une vue complètement autre pourrait venir démentir ce raisonnement.

De quoi sont faits les rêves ? D’images, de voix, d’une sensation, d’une lumière, d’une texture. Il s’agirait de permettre à une logique onirique de venir compléter la logique réaliste. De permettre à tout adepte d’une telle praxis, d’aller puiser dans l’onirisme, comme Wassily Kandinsky dit de l’artiste qu’il va découvrir dans l’Immatériel les éléments de sa pratique artistique, afin de répondre à ce que la logique réaliste, avec ses faits toujours incomplets, infinis, n’a pas encore déterminé. Comme dit Schopenhauer dans son essai l’Art d’avoir toujours Raison, en préambule, pourquoi renoncer à un raisonnement, à une Vérité, acquise de longue date, longuement réfléchie, en son fort intérieur, pour qu’un quelconque interlocuteur, ayant son propre cheminement, vienne proposer un élément de réflexion ou de rhétorique, une volonté d’acier garderait volontiers le principe de la défense de ce premier raisonnement. Et que faire, au bout du compte, d’une volonté d’acier ?

Un autre exemple est celui du mot d’esprit donné par un courtisan à Louis XV, dont a parlé Sigmund Freud dans son livre Le Mot d’Esprit, livre très ennuyeux. Si les livres pouvaient se passer complètement d’ennui, les maisons pourraient se passer de murs porteurs. Sans doute l’avenir nous permettra de dire les idées ennuyeuses d’aujourd’hui avec légèreté. Il s’agit donc d’un mot d’esprit réclamé par Louis XV. Et à cette réclamation, deux risques : le premier est de refuser abruptement, désignant ainsi la question comme inconvenante, la seconde d’élaborer une histoire qui soit offensante, qui vienne atteindre le Roi dans sa Réputation. Evitant les deux écueils, le courtisan déclara : “le Roi n’est pas un sujet”. Au sens premier, il refuse donc en apparence de répondre, et dans cette optique le premier risque pèse sur lui. Il s’en protège par le double sens de la phrase : le terme “sujet” désignant aussi les sujets du Roi, le premier sens étant le sujet de la conversation. Ainsi, pour ce deuxième sens également, le courtisan se trouve protégé, puisqu’il affirme au sens premier le pas vouloir répondre, et ainsi les deux “censures morales”, si l’on peut dire, ne sont plus actives, puisqu’elles se trouvent désamorcées par leur tension commune sous laquelle passe le sens profond que souhaite affirmer le courtisan : il est bon de s’entendre, ma logique dépasse la votre. Mais il s’agit bien ici d’une logique thaumaturgique, faisant taire le Roi.

Le rationalisme ayant aujourd’hui pris le pas sur la foi religieuse, dans tous les aspects de la vie, certaines fonctions psychologiques de la religion ne peuvent plus s’accomplir : ainsi les rêves étaient autrefois pris comme ayant une vérité religieuse, donc une forme de vérité, au bout du compte. Tandis qu’aujourd’hui, dénoncées comme des illusions, les productions oniriques ne sont plus prises en compte, elles ne sont plus étudiées au quotidien, elles ne déterminent plus les choix, et les appréciations des évènements, des voies à suivre et sont reléguées au rang d’inepties. Or, elles ont nécessairement une fonction qui est en lien avec la dépense d’énergie psychique qu’elles consomment. La logique évolutionniste nous affirme que toute fonction est à évaluer à l’aune de son coût, ainsi la fonction des rêves peut-elle être évaluée elle aussi à son coût : toutes les nuits une dépense considérable d’énergie y est consacrée, par chacun, elle constitue sans doute l’une des dépenses d’énergie principales de l’être humain ! Et cela d’un simple vue matérialiste, Darwin étant aujourd’hui le maître de l’époque, lui qui étudiait principalement les chimpanzés, avec lesquels nous avons sans doute toutes les différences du monde, quoique soit l’enseignement des ossements et des squelettes sur ce sujet, classant les espèces par taxinomie... Nous oublions que sous ce prisme, les espèces se distinguent par des disjecta membra qui les oppose... mais quelle tristesse de suivre un raisonnement aussi absurde, que le raisonnement darwinien qui nous compare aux formes inverses de ce que nous sommes, alors qu’un raisonnement onirique ne serait jamais tombé dans de telles absurdités conceptuelles : encore un exemple d’une logique folle ! Qui pour se maintenir nécessite la censure morale et l’hystérie associées au terme de philosophie scientifique.

La Science cherche les lois fondamentales, universelles, de toute discipline. Elle remonte en raisonnement par degrés d’abstraction de la manière dont Karl Popper - dont je connais certains extraits par le texte de Konrad Lorentz sur la discipline de l’éthologie, qu’il inventa avec deux comparses, et qui pose les fondements méthodologiques de cette discipline. L’exemple des lois sur le pendule est repris, ayant des lois communes avec les lois de la gravitation des astres, les deux phénomènes ayant aussi un certain nombre de règles particulières. Ainsi, le phénomène de l’énergie psychique, si l’on reprend une définition kantienne, est un évènement perceptible, c’est-à-dire que tout object serait ce qui nous affecte, cela étant il ne serait pas possible d’en comprendre d’emblée les mécanismes ou de le définir avec précision, il serait en grande partie indéterminé. C’est à ce phénomène que s’attache l’étude réalisée par Sigmund Freud, et à cet objet de notre perception, il applique une méthode rigoureusement scientifique. Il en voit les manifestations, et en cherche les lois générales, universelles, telle que le principe d’économie psychique, qui trouve une application à la fois dans le rêve avec la condensation de symboles, ainsi que dans le langage, dans la construction du langage, dont on a vu un exemple plus haut.

Résumons : les rêves ne sont plus pris en compte, alors qu’ils consomment une énergie folle de capacité psychique, cela même alors que la logique régnante de notre époque prise la logique évolutionniste qui affirmerait l’évidence d’une fonction cruciale du rêve. Il sont déclarés des inepties, alors que Freud nous propose une méthode scientifique pour les analyser, accompagné de grands esprits comme celui de Jung, qui propose aussi une réflexion sur l’interprétation des rêves, laquelle, les fondements scientifiques ayant été bien acquis, offre une vue subjective sur cette discipline.

Poursuivons : “il n’y a de Vérite qu’Allah, et Mahomet est son prophète”, est une phrase tout aussi vraie, d’un point de vu onirique, que la phrase suivante : “ il n’y a de réalité que l’évolution, et Darwin est son prophète. Reste à savoir ce qu’est la place d’une logique onirique par rapport à une logique réaliste, elle semble être, au vue des exemples donnés, une affirmation de l’être, de sa voie, de son destin, ou de sa personnalité dans le sens de sa participation à la société, dans la participation au rêve collectif.

En effet, selon Jung, le monde onirique se dénote par une tonalité collective. Il nous incite à une participation active aux rêves, définissant ses différents éléments comme des personnalités autonomes du psychisme, nous entrerions en discussion directement avec elles, par un exercice, par un effort de notre volonté, de même que le collectif viendrait élaborer une Scène dans laquelle un monde commun se construit. C’est un lieu où il est possible de vivre ensemble.

Cela étant, Jung distingue l’anima pour les hommes de l’animus pour les femmes, ce qui implique qu’il y trouve une sorte de projection dans le cadre de l’altérité, avec une dimension hasardement asymétrique, puisqu’il prétend que l’animus serait pluriel pour les femmes, alors qu’il serait singulier pour les hommes d’être influencé par leur anima. Pour autant, il nous parle bien de l’importance du Royaume des Mères, en référence au Faust de Goethe ! Il voit bien la dimension plurielle de cette fonction dans la Psyché masculine ! Il y voit une dimension matricielle.

S’il est bon de réhabiliter le rêve sur le plan individuel, pour des raisons psychologiques et pour un certain bon sens, il serait bon également de réhabiliter le rêve sur le plan collectif ! Et si les rêves sont pluriels, il s’agit de les juxtaposer et leur donner un sens commun, en leur attribuant collectivement le même sens que nous proposions en refusant qu’une logique viennent porter atteinte, par son réalisme, à la logique collective onirique, pour la place qui lui est attribuée ! Le Roi de l’époque doit être démenti dans son intérêt fallacieux.

LE RÉVEIL

“Esprits, qui nagez près de moi, répondez-moi, si vous m’entendez !”

Extrait du livre de Faust, Goethe

Il n’y a pas d’élément dans Conjecture et réfutations qui m’ait convaincu que les critères de la scientificité ne sont pas au fondement de la théorie freudienne. Pour reprendre les idées dans leur ensemble avec mon propre vocabulaire, Karl Popper considère que la théorie freudienne pourrait contenir des éléments vrais, mais qu’ils ne respectent pas les critères de la scientificité, appelant cette discipline ou bien une pseudo-science ou bien une pré-science. Nonobstant le fait que ce dernier terme aurait pu signifier la détention par Freud d’une intuition lui indiquant la vérité des évènements, ce qui n’est pas le cas, ce terme désigne ici l’idée que la psychanalyse pourrait à l’avenir devenir une science, une chose de ce genre.

La raison pour laquelle je reviens sur cette question est parce que celle-ci clos une suite de trois idées sur la scientificité de Freud : la première était l’affirmation qu’un débat existait bel et bien sur ce sujet, voulant pour preuve l’affirmation par le grand scientifique, épistémologue (voir Les Fondements de l’Ethologie) et récipiendaire de la plus haute distinction en science à l’occasion de la découverte de cette discipline, puisqu’il a reçu le prix Nobel de médecine et d’éthologie, Konrad Lorentz, que cette discipline, non seulement valait la peine d’être étudiée, qu’elle revêtait des similitudes, non pas avec l’approche, mais avec les résultats, obtenus par l’éthologie, ayant ainsi l’avantage d’éclairer d’une seconde lumière les mêmes phénomènes, mais qu’elle respectait les critères de la scientificité au point d’être reconnue comme étant, selon Lorentz, “rigoureusement scientifique”.

La seconde entrant dans le vif du sujet, puisqu’il s’agissait de dire que l’énergie du psychisme était un phénomène perceptible entendant par là que nous pouvons certes le percevoir mais que ses mécanismes ne nous sont pas connus d’emblée, qu’ainsi il nous revient d’en connaître les lois par l’étude, laquelle ne pouvait recevoir la désignation de scientifique qu’à la condition de respecter une certaine définition de la scientificité, et que la définition faisant autorité jusqu’à présent et reprise par Konrad Lorentz posait le critère réductionniste, c’est-à-dire que toute connaissance scientifique déterminant les lois d’un phénomène peut trouver dans ses différentes manifestations des mécanismes communs et des spécificités par degré de généralité, les lois de la gravitation englobant les astres et les pendules, i tutti quanti, voir l’article en question.

Ici il s’agissait pour terminer de revenir sur le critère de la réfutabilité, que Karl Popper a établi notamment dans Conjectures et réfutations, en référence à la théorie freudienne ainsi que adlérienne et marxiste, intéressons-nous issu à Freud dans la mesure où nos lectures actuelles ne permettent pas de répondre pour les deux autres auteurs.

Il est à noter que l’argument de la réfutabilité semble improvisé, ce que Karl Popper lui-même appellerait un “coup de pouce conventionnaliste” ou “stratagème conventionnaliste”, c’est-à-dire une évolution de la théorie pour s’adapter à des résultats ad hoc. Ainsi, voulant démontrer que Freud, notamment, ne suit pas une méthode scientifique, s’ajoute au reste de la théorie sur la scientificité, non seulement ce qui s’y trouvait déjà, mais également un nouveau critère. Après tout, pourquoi pas.

À l’origine de l’intuition de cette loi, se trouve le fait que la théorie freudienne (comme celle des deux autres intellectuels cités), serait vérifiables partout. La belle affaire ! À première vue. Il faudrait que la théorie puisse-t-être démentie. Répondons immédiatement à cet argument : il est possible que certaines psychopathologies comme la démence et la schizophrénie puissent avoir un lien avec une relation incestueuse, lorsque les faits coïncident, ce qui viendrait corroborer la théorie du complexe d’Œdipe, avec la théorie freudienne dans son ensemble et spécifiquement avec le complexe d’Œdipe spécifiquement puisque le Moi et le Surmoi ne répondent pas bien dans leur construction à une telle transgression de la censure morale, sauf à très mal comprendre ce qu’est l’inconscient, et les différentes phases de développement du psychisme. Cette hypothèse est réfutable, il suffit d’observer les cas, de voir les corrélations, de prendre des échantillons types, tout est possible et l’hypothèse peut être confirmée ou infirmée. Mettons qu’il y ait un cas d’inceste, l’individu developpe-t-il davantage des troubles du psychisme, toutes choses étant égales par ailleurs ?

Ajoutons à cela que la théorie freudienne est très mal comprise par Karl Popper, en effet prenant un exemple pour démontrer le caractère systématique et artificiel de cette théorie, en lien avec ce critère de la réfutabilité, Karl Popper prend l’exemple d’un homme qui jetterait un enfant dans une rivière, et celui d’un homme qui se jetterait à l’eau pour sauver un enfant qui s’y noierait. Attribuant à Freud une interprétation hâtive, il affirme que sa théorie affirmerait d’emblée quelque soit le cas que dans le premier exemple il s’agirait d’un refoulement (refoulement ayant échoué aurait-il pu ajouter puisqu’il passât à l’acte) et dans le second exemple d’une sublimation réussie. Il s’agirait peut-être de faire l’analyse de l’individu, revenant sur son histoire historique, catégorisant sa psychopathologie, essayant d’en restituer la psychogénèse, and so on. De façon plus crédible, il aurait pu dire que dans un seul et même exemple, un homme commençant par lancer un enfant dans la rivière puis sautant lui-même pour le sauver, manifesterait un idéal de Soi mal construit et répondant mal au principe de réalité ! Afin de vérifier le critère de réfutabilité, nous pourrions, sur un grand nombre de cas de façon préférable, demander à de tels individus s’ils subirent un quelconque trauma.

S’il s’agissait d’ajouter nos propres idées à celles de ces grands érudits (certaines manifestations de cette érudition rendent la lecture difficile : dans une occurrence, Karl Popper cite tellement de références que la phrases est constituée presque exclusivement de cela !), nous pourrions dire qu’il nous a paru amusant de proposer des prismes de perception de ce que peuvent être la Science ou l’Objectivité de façon différente : de la sorte nous portons l’Espérance que cette idée pourrait étayer une certaine foie dans un certain animiste ou un certain panthéisme : suivons une ligne d’idées : premièrement, les lois de la physique prennent une expression mathématique, à l’exemple de la loi sur l’énergie, ainsi nous nous représentons par symboles des rapports qui placent les phénomènes les uns par rapport aux autres. À l’occasion de la perception subjective des phénomènes, nous croyons avoir atteint l’objectif par une méthode, ce qui nous donne l’occasion d’écrire sous forme de signes l’une des lois de la nature, et cette connaissance est en nous sous forme de signes, sécrétés par nous, adapté à nous, qui les avons inventés, afin de concentrer une connaissance à un certain degré d’abstraction correspondant à ce langage mathématique, ainsi nous sommes objets et sujets, à la fois phénomènes et réagissants aux autres phénomènes ! Cherchant à neutraliser la part de subjectivité ou à la généraliser tout aussi bien, nous nous trouvons en situations de remettre en question l’opposition entre objet et sujet, nous élevant à une haute accrue vers les substances !

GENERALIBUS DEROGANT

“Notre âme, après la longue période de matérialisme dont elle ne fait que s’éveiller (sic !), recèle les germes du désespoir, de l’incrédulité, de l’absurde et de l’inutile.”

Wassily Kandinsky, De la spiritualité dans l’art et dans la peinture en particulier

En droit, toute spécification d’un principe est une dérogation à ce principe. Une liberté spécifiée, c’est une dérogation à la liberté en général laquelle n’est pas un état naturel, contrairement à ce qu’on pourrait penser : une antilope prise dans les griffes d’une lionne n’est pas libre et ce n’est qu’une partie de l’état naturel qui permet la liberté, de même que l’organisation de nos société peuvent permettre ou empêcher la liberté en fonction des règles qu’elles adoptent de telle sorte qu’en application du précepte selon lequel la liberté s’arrête là où commence celle des autres, les lois doivent être adoptées en vue d’empêcher l’aliénation des individus les uns par rapport aux autres, et non seulement de l’individu par rapport à l’Etat suite à quoi la dérogation à ce principe est la recherche d’une meilleure conservation de la valeur recherchée. Une valeur, c’est une croyance, c’est là où la raison s’arrête, où la foi commence, c’est un attachement sensible à une idée abstraite. Une valeur est indémontrable. En fonction de quelle autre valeur pourrait-on élaborer un raisonnement logique qui en démontre une première ? C’est une loi dictée par Dieu admise ou critiquée par la Conscience armée de sa Logique.

Il est à considérer que toute découverte scientifique implique un degré plus important de contrôle possible. Encore faut-il que la Sagesse détermine si tel lieu, tel mécanisme observé nécessite un contrôle, si un tel contrôle est bien-fondé. Une Science implique Une Pratique, comment déterminer le choix de l’exécutant ? Quel chemin devra suivre ce contrôle ? C’est encore le lieu d’une Croyance. Il y a dans la Pensée humaine une part d’intuition. Défini autrement, cela revient à dire selon Kant que toute pensée mène à une intuition. Une intuition c’est l’irréfléchi, c’est l’esprit plutôt que l’intellect, c’est l’Inconscient selon Freud.

L’évolution, on connaît. La sélection naturelle oriente une métamorphose aléatoire du Vivant et ce qui reste est ce qui était adapté, selon Darwin, selon Dawkins, selon Lorentz, selon la société actuelle. Sauf à considérer que nos connaissances actuelles ne correspondent qu’à une infime partie de la Vérité, jamais atteinte, que des forces insurmontables peuvent venir limiter notre capacité de contrôle, ayant une meilleure VUE sur le devenir du vivant que nous n’en aurons jamais ? L’incrédulité date de la NUIT des temps. D’une part, pour notre espèce spécifiée, il est tout à fait possible, mais non prouvé, que des mécanismes soient venus au fil de l’évolution réduire la part d’aléa apparente établissant ainsi des mécanismes de sauvegarde des observations vécues, en vertu du principe d’adaptabilité. C’est fort probable mais non prouvé, venant ainsi relativiser notre prétention à un caractère d’omniscience. Il est tout à fait possible que des énergies nous traverse qui orientent l’évolution, dont nous sachions rien. La Science marche par Conjectures, et il faut une Croyance avant une objectivisation.

Le lecteur nous pardonnera la longueur très faible de cet article, mais des raisonnements suivis nous donnent lieu de penser que l’évolutionnisme est si fort que toute idée un peu libre puisse venir s’y heurter, et il est bon de savoir qu’en philosophie ou en spiritualité, une part de Croyance mène à un développement de la Vérité qui peuvent se heurter aux Logiques établies, cortèges d’autres Consciences que les nôtres, avec d’autres vues, adhérant autrement aux principes reconnus comme communs. Ainsi, après avoir énoncé que la Logique en général ne pouvait pas prendre en compte la Totalité de la vérité, il semble opportun de venir démembrer la Logique Evolutionniste, laquelle risquait le fanatisme, caractérisé par toute connaissance ce revendiquant Croyance. Ne dit-on pas, “je crois en l’Evolution” ?

TOTEM

“Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d’Allah, si vous êtes véridiques.”

Mahomet, le Coran

L’argumentation permet l’offense. Tout n’est pas un lieu d’argumentation. Sauf à renoncer à la Logique sur ces sujets nous obtiendrons la fin du consentement. Le devenir du vivant ne fait pas l’objet d’une planification. Le consentement vient d’un symbole, d’un rite, à l’occasion duquel des biens sont alloués en proportion de la quantité de vie à maintenir et à développer d’emblée les moyens de subsistance et d’agrandissement devraient être garantis préalablement à tout travail de telle sorte que les situations intermédiées ne soient pas contingentes à la détention du capital. À l’avenir, l’argent serait un élément de ritualisation superflu dans la mesure où il présuppose un degré de méfiance. Une société de confiance est une société bénéfique, présageons qu’elles seront plus nombreuses en poursuivant les lignes choisissant de croire en une évolution vers la dignité, contrairement à la théorie darwinienne d’une évolution hasardeuse. La dignité présuppose la liberté du chemin évolutif. Nous présupposons que toute contrainte sur ce chemin évolutif entraînera des pentes régressives incommensurables et inouïes d’indignité et de cruauté.

Il est bon que l’Etat dispose d’un cerveau à l’image de l’esprit humain. Il lui faut établir un chemin par la Croyance, tandis que la Rationalité vient organiser tout ça. Il y a un principe de compétence-compétence. Les institutions organisant la Foi dans la société sont en situation de prendre le pas sur la sphère raisonnable. Pour le simple principe que la sphère raisonnable humaine suit la Croyance, il faudrait démontrer une Logique plus vraie pour surplomber en autorité la hiérarchie organisationnelle de telle sorte qu’il y ait une discussion avec les Institutions.

Il ressort de ce constat que toute évolution progressive est empêchée par l’interdiction de la Croyance collectivement et individuellement, pour la simple raison que la voie évolutive à l’instar de cet écrit vise un seul but qui est cette croyance or elle est la seule invisible du texte. De mes rêves seuls un faible nombre constituerait mon Choix, la Science ne peut pas imposer la Voie à l’Être HUMAIN !

En fonction des lieux et des endroits, à partir d’autre Logiques, d’autres Croyances peuvent s’élever, elle ne peuvent pas surplomber la Croyance d’Etat, ou devenir Normatives PAR-DESSUS la Croyance d’État.

CHOSE

“L’Occident, qui ne possède pas de censure…”

Soljenitsyne, Discours à Harvard en 1978

La narration du Moi se construit également sur des résistances. Sur le parcours de son intégration dans une SOCIÉTÉ, cette narration doit trouver un Sens Collectif ! Selon Emmanuel Kant, “La colombe légère, lorsque, dans son libre vol, elle fend l’air dont elle sent la résistance, pourrait s’imaginer qu’elle réussirait bien mieux encore dans le vide.” Il est bon de pouvoir nier un fait, s’il vient troubler la Société, ou s’il empêche la reconstruction. Sans quoi la confidentialité des dossiers ne trouverait aucune utilité, ni le Monde Libre de Liberté.

Les psychopathologies proviennent des refoulements n’ayant pas pu préalablement être intégrés dans un sens ayant été admis par la Société. Il faut une sanction de la transgression d’un tel refoulement, à la hauteur du mal que cela provoque à la Société. Sans quoi les déplacements sociaux se font sur une tension régressive et non pas progressive.

EXEMPLES DE RÊVES À INTERPRÉTER

Flectere si nequeo superos. Acheros movebo

Si je ne parviens à fléchir ceux d’en-haut, je ferai bouger le peuple de l’Achéron

Virgile, Énéide

D’une part, la plus grande quantité d’information disponible pour interpréter un rêve est en chacun, sauf à suivre la méthode de la maïeutique ne serait-ce que dans un premier mouvement puisque selon l’interprétation Jungienne, les rêves comportent des symboles que seule la Culture Commune permet de comprendre, dans la mesure où nous détiendrions une sédimentation phylogénétique détenant des symboles de différents mythes pour l’interprétation desquels des recherches extérieures nous sont nécessaires.

Des rêves peuvent être interprétés les uns par rapport aux autres, dans une suite. Nous proposons ici une suite de rêves afin d’en restituer une interprétation minimaliste.

Chronologiquement, le premier rêve est celui de la statue de l’île de Pâques. Il est constitué d’une seule image, présentant la statue célèbre sur l’île.

Il semble proposer une option. C’est une interprétation, qui ne ressort pas de l’effet immédiat produit.

Le second rêve est celui d’un dragon vieux et fatigué, exténué après une longue lutte, étendu dans une ville ravagé. L’image se déterminant sur le dragon elle fut accompagnée d’un sentiment de terreur qui alla s’accentuant jusqu’à ce qu’il soit intenable et que je m’en détourne, le sens ne se laissant pas appréhender, je pensais que ce n’était pas la bonne Voie.

C’est dans un troisième rêve que le changement opéra, puisque le même sentiment de cette Terreur se trouva associé à un serpent avec cette particularité que cette fois il sembla associé à un sens, la scène me parut sensée. Ainsi, allant jusqu’au bout de cette terreur, apparut un ensemble de planètes. Cette voie semble la bonne. Elle peut correspondre à des changements de société. Le serpent semble signifier la religiosité.

La signification de ces rêves ne semble apparaître que les uns par rapport aux autres, comme dans un processus lent de décantation.

ANAMNÈSE

“Ça a commencé comme ça.”

Céline, Voyage au bout de la nuit

Dans le cadre de l’interprétation des symptômes d’un psychopathologie, la nuit de la mémoire recèle des éléments explicatifs, impossibles de remonter à la Conscience sans que l’occasion en soit donnée. Nous ne pouvons proposer une méthode, d’emblée, qui permette la résurrection de tels éléments. La pratique psychanalytique, en l’état, nous convainc de la pertinence de cette vue, cela en tant que patient et non que professionnel, en l’état.

La puissance explicative de cet élément, s’il va jusqu’au bout de son explication, illumine une partie du chemin parcouru, autorisant la personnalité à retrouver une narration saine et acceptable pour tous, malgré les éléments psychopathologiques.

LA GRANDE MOIRÉE

“Il faut éclairer l’histoire par les lois, et les lois par l’histoire.”

Montesquieu, l’Esprit des Lois

Les phénomènes cosmologiques ont permis l’apparition de la Vie, rendant possible l’espèce humaine s’interrogeant en tous lieux et en tous temps sur son origine et sur la possibilité d’un Dieu créateur. C’est le lieu de la recherche d’un sens. Considérant que le sens est Logique, nous avons opté comme lieu de commencement par l’élément premier. Cet élément est constitué de Verbe, et non point d’images. Lorsque le Verbe retombe, reste une musique. De cette musique naissent les rêves.

Par le principe de sélection, le meilleur rêve conservé est celui qui propose la meilleure adaptation des énergies du psychisme, accomplissant l’enchaînement d’un cycle de vie. Le déplacement vers une idéalisation du cosmos s’opérant, tout élément de logique venant perfectibiliser la Création aura le caractère d’une preuve.